©SSA/HIA Bégin

HIA Bégin : une unité de médecine ambulatoire diminue le temps d’hospitalisation des patients

L’hôpital d’instruction des armées (HIA) de Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), a créé en 2017 une unité de médecine ambulatoire en s’appuyant sur le développement des compétences infirmières. Ce nouveau service permet de réduire le temps d’hospitalisation des patients.

Cardiologie, endocrinologie, rhumatologie, maladies infectieuses et tropicales, hépato-gastro-entérologie, médecine interne, endoscopie digestive et chimiothérapie : toutes ces spécialités de l’HIA Bégin sont, depuis un peu plus d’un an, accessibles aux patients au sein de l’unité de médecine ambulatoire. Dans un contexte national, les établissements hospitaliers doivent développer l’ambulatoire, en chirurgie mais aussi en médecine. « Nous offrons cette prise en charge dans le cadre de soins programmés », indique Sophie Moracchini, infirmière, cadre de santé de l’unité de médecine ambulatoire à l’HIA. Et d’expliquer : « Alors qu’auparavant les patients venaient plusieurs jours à l’hôpital pour leur chimiothérapie, leur bilan annuel endoscopique ou encore pour des traitements biosimilaires, désormais, leur médecin peut leur proposer une alternative en recevant leurs soins à l’unité de médecine ambulatoire. Cela diminue de facto le temps d’hospitalisation. » Cette nouvelle unité, créée en mutualisant toutes les spécialités de l’HIA, offre 22 places aux patients. Leur prise en charge est effectuée par les médecins des services, responsables de leurs propres patients.

Réorganisation interne

Côté infirmier, les huit soignantes ont été recrutées au sein du pôle médical, sans recours externe donc. Les jeunes engagés ont alors pris leur poste dans les services où elles exerçaient auparavant. « Nous avons effectué un ″casting″ de compétences des infirmières avant de les intégrer à l’unité, rapporte Sophie Moracchini. Il était important d’évaluer leurs compétences afin de ne pas les mettre en difficulté et être sûrs qu’elles soient formées pour permettre la prise en charge de toutes les spécialités. » Des fiches de postes ont été définies, et l’organisation du travail s’est effectuée en tutorat croisé entre personnel expert de la spécialité et le personnel. Des médecins et des experts dispensent aussi des cours théoriques permettant une montée en compétences de l’ensemble de l’équipe.

"Des fiches de postes ont été définies, et l’organisation du travail s’est effectuée en tutorat croisé entre personnel expert de la spécialité et le personnel"

Parmi les huit infirmières, l’infirmière programmiste ou infirmière coordinatrice (Idec) dispose de compétences en chimiothérapie car c’est elle qui programme les rendez-vous des patients dont ceux suivant des chimiothérapies. « Elle doit savoir optimiser les plannings afin de veiller à ce que les patients n’attendent pas trop longtemps dans l’unité », souligne la cadre de santé.

Sur le plan médical, l’équipe a décidé, afin d’optimiser le travail en collaboration, de créer une charte de fonctionnement. « Il peut y avoir une trentaine de médecins qui passent dans le service, il fallait poser les bases du fonctionnement, fait savoir Sophie Moracchini. Nous avons tenu compte de la spécificité de chaque spécialité et demandé aux médecins d’être référents de chaque parcours patient afin de mettre en place une cartographie organisationnelle médicale. » D’où l’importance des réunions de travail en amont afin de connaître leur disponibilité et leur façon de travailler. « Nous programmons de façon commune toutes les spécialités, indique la cadre. Chaque médecin va prescrire les demandes d’examens, puis l’infirmière programmiste organise le planning.»

Évaluation

L’HIA a demandé à l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) d’évaluer son organisation. « Malgré le nombre élevé de patients à l’arrivée dans le service, tous sont pris en charge rapidement, rapporte Sophie Moracchini. En revanche, notre service est grand et l’hôpital a été pendant un moment en travaux, il était alors difficile pour les patients de repèrer l’unité. Nous avons travaillé à l’amélioration de la signalétique à l’extérieur et dans le service. » L’équipe a aussi veillé à une meilleure répartition des patients sur la semaine afin d’éviter une concentration des arrivées les lundis, mercredis et vendredis, et a amélioré son dossier informatisé avec des fiches de traçabilité. Autre point fort : l’organisation de groupes de travail médicaux et non médicaux pour partager les expertises et lever les craintes des soignants.


 

 

par Laure Martin