Petit coup de frein dans les dépenses de santé 2018

Mardi 10 septembre dernier, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a révélé les résultats de son étude sur les dépenses de santé pour l’année 2018.

Les dépenses de santé, évaluées au travers de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), ont atteint 203,5 milliards d’euros en 2018. C’est un léger ralentissement de leur augmentation par rapport à 2017 (+1,5 vs +1,7). La baisse des dépenses de santé s’exprime essentiellement en volume. Par exemple en 2016, l’augmentation du volume de la CSBM était de 2,9%, alors qu’elle est tombée à 1,5% et 1,6% en 2017 et 2018.

La France consacre 11,3 % de son PIB aux dépenses de santé, soit 3 880 euros par habitant. C’est autant que l’Allemagne et la Suède. Mais un point de plus que la moyenne européenne des Quinze (UE-15) et que le Royaume-Uni. C’est beaucoup moins que les États-Unis qui consacrent 17 % de son PIB aux dépenses de santé (soit 8 038 euros par habitant). Un montant lié aux tarifs des soins souvent multipliés par trois aux États-Unis.

Baisse de la consommation de soins hospitaliers

Le ralentissement des dépenses de santé (CSBM) est lié en grande partie à la décélération de la consommation des soins hospitaliers. Bien que représentant encore 46 % des dépenses de santé, leur consommation diminue, passant de + 1,6 % en 2017 à + 0,8 % en 2018.

Ceci est dû à un net infléchissement des prix hospitaliers en 2018, ainsi qu’au virage de l’ambulatoire.

Ce poste reste celui dont le reste à charge pour les ménages est le plus faible : les ménages ne financent qu’1,9 % des soins hospitaliers en 2018.

reste a charge menage

La consommation des soins de ville augmente

Les soins de ville qui ne constituent que 27 % des dépenses de santé, deviennent le premier facteur de croissance de la CSBM, avec un taux de + 2,9 % en 2018 (vs 2,6 en 2017).

L’évolution des principaux postes des soins de ville révèle une augmentation notable de la fréquentation des médecins généralistes (+ 3,9 % en 2018 vs 2017) ainsi que de celle des médecins spécialistes (+2,2%).

Les soins des auxiliaires médicaux augmentent de 3,7 % en 2018. Cette hausse est essentiellement imputable à la hausse de 4 % en volume des soins infirmiers, ainsi qu’à celle des masseurs-kinésithérapeutes (+2,7% en 2018). La progression de ces deux postes est largement due au vieillissement de la population.

Stabilité de la consommation de médicaments

La consommation de médicaments en ambulatoire reste stable en 2018 (- 0,2 %). La hausse des volumes de + 3 % est cependant annulée par les prix très élevés de certains médicaments. Le reste à charge pour les ménages (12,6 %) diminue, grâce notamment à la part des médicaments remboursés à 100 % qui augmente.

Optique : hausse des remboursements des complémentaires

Après les médicaments, l’optique reste avec 6,4 milliards d’euros en 2018, le deuxième poste de dépenses en bien médicaux. La hausse de 4,6 % par rapport à 2017, est essentiellement due à la hausse des remboursements des organismes complémentaires, et ceci depuis la généralisation de la complémentaire de santé d’entreprise lancée en 2016.

L’optique est le poste que les ménages financent le plus : le reste à charge étant de 21,1% en 2018. Les organismes complémentaires jouent un rôle crucial sur ce poste puisqu’ils participent au financement de l’optique à hauteur de 74,2 %.

La France : championne du plus bas reste à charge pour les ménages

Depuis 2016, le reste à charge en santé des ménages ne cesse de diminuer, pour s’établir en 2018 à 9 % de la DCSI, c’est-à-dire la « dépense courante de santé au sens international », agrégat harmonisé entre les pays de l’OCDE.

C’est le reste à charge le plus faible des pays de l’OCDE. À titre d’exemple, il demeure à 27 % au Portugal, et  24 % en Espagne et en Italie. Pour l’Union Européenne des 15, la moyenne de ce reste à charge se tient à 16 %.

 

Pour consulter l'ensemble des statistiques commentées : Les dépenses de santé en 2018 - Résultats des comptes de la santé - Édition 2019

par Carole Ivaldi