SCIENCE SOURCE / BSIP

Un centre dédié à l'immunothérapie sous l'impulsion de Institut Curie

La recherche en immunothérapie, arsenal thérapeutique de pointe dans la lutte contre le cancer, est renforcée par les actions interdisciplinaires du centre d'immunothérapie de l'Intstitut Curie

L’institut Curie a lancé au printemps dernier le premier centre d’immunothérapie de France. L’objectif : regrouper chercheurs, médecins et patients sur une nouvelle plateforme pour multiplier les échanges, développer les connaissances et accélérer la découverte de nouveaux traitements contre le cancer.

Alors que les traitements plus « classiques » visent à s’attaquer aux cellules tumorales, l’immunothérapie se base sur des traitements visant à stimuler le système immunitaire du patient afin qu’il puisse mieux se défendre contre les cellules cancéreuses. Combiné à d’autres traitements, le développement de l’immunothérapie constitue l’avenir du combat contre le cancer.
Aujourd’hui, on compte environ 30 essais en cours, chacun incluant de 5 à 10 patients, pour toutes les pathologies cancéreuses : sein, thoracique, ORL et autres tumeurs. Environ 20 à 30 % des patients répondent à l’immunothérapie et 10 % d’entre eux connaissent une rémission complète. On connaît quelques biomarqueurs qui prédisent la réponse à l’immunothérapie.
Avec une surface de 1 400 m2, un budget de 5,5 millions d’euros sur cinq ans ainsi qu’une équipe de 130 chercheurs et de 50 soignants (médecins, infirmiers et attachés de recherche clinique), le nouveau centre d’immunothérapie est organisé autour de trois axes : recherche fondamentale, recherche translationnelle et recherche clinique. Les réunir en un même lieu est un moyen de faire en sorte de multiplier les essais cliniques, notamment par les médecins eux-mêmes (recherche translationnelle) « Nous ne sommes plus que dans la recherche fondamentale, explique le Dr Emanuela Romano, directrice médicale du centre d’immunothérapie. Le regroupement de tous ces acteurs va permettre de répondre à des questions cliniques et précliniques préalables à l’amélioration de l’immunothérapie.» Les bio-informaticiens présents sur la plateforme, qui croisent la biologie et les big datas dans l’analyse des marqueurs tumoraux, apportent une nouvelle envergure à la recherche en immunothérapie. La proof of concept team, c’est –à-dire l’équipe de chercheurs PHD, travaille sur les nouvelles molécules afin de trouver le bon modèle expérimental pour tester les hypothèses en lien avec l’industrie. Également, les chercheurs de la plateforme single cell s’appliquent à décortiquer la complexité cellulaire pour avoir une meilleure vision de l’hétérogénéité des cancers.

par Carole Ivaldi