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Accélérer le virage numérique

Le 25 avril, Agnès Buzyn a présenté dans l’ancien hôpital Boucicault en partie reconverti en incubateur e-santé, sa feuille de route concernant le virage numérique de la santé. Cinq orientations vont accompagner la transformation numérique de notre système de santé en accord avec le plan « ma santé 2022 ».

Pour la ministre « le numérique n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour mieux coordonner les professionnels de santé, pour développer les innovations thérapeutiques et organisationnelles, pour lutter contre la fracture sanitaire, pour repositionner le citoyen au cœur du système de santé, bref, pour soigner mieux ».

La gouvernance numérique renforcée

Une délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) sera créée d’ici décembre. Dépendant de la ministre de la Santé, la DNS remplace l’Agence française de la santé numérique (ASIP) et pilotera tous les chantiers de transformation numérique de notre système de santé. L’ensemble des orientations de la politique du numérique en santé sera discuté entre acteurs publics, privés et institutionnels au sein du conseil du numérique en santé. En son sein, une cellule éthique sera en charge de l’élaboration d’outils d’évaluation et de labellisation de toutes les nouvelles mesures numériques en santé.

L’interopérabilité et sécurité des systèmes d’information en santé

Les identifiants numériques seront généralisés aussi bien pour les professionnels que pour les patients. Concernant les acteurs de santé, un même référentiel national garantira la sécurisation de l’accès aux données. Son démarrage pour les personnes physiques devrait avoir lieu fin 2021. La dématérialisation de la carte de professionnel de santé (CPS) en une carte e-CPS servira de nouvel outil d’identification et d’authentification des acteurs.

Autre grande nouveauté, une « appli carte Vitale » expérimentée dès 2019 et généralisée en 2021, devrait devenir à terme l’outil d’identification et d’authentification des patients au système de santé.

Niveau sécurité, un service national de cyber-surveillance en santé sera effectif dès 2020. Il devra préventivement détecter les failles éventuelles de notre système numérique en santé face aux cyber-attaques.

Accélération du déploiement des services numériques

Le DMP devra poursuivre son déploiement à l’ensemble de la population. L’assurance maladie, les établissements de santé, les professionnels, les patients et progressivement des applications de santé ou des objets connectés viendront l’alimenter. Un carnet de vaccination numérique sera également lancé.

Les messageries sécurisées de santé entre professionnels de santé seront elles aussi généralisées de l’hôpital à la ville, au secteur médico-social,

La e-prescription, pierre angulaire de la sécurisation du circuit de l’ordonnance depuis le médecin jusqu’au pharmacien, sera en fonctionnement en ce qui concerne les médicaments en 2019, puis étendue en ville ainsi qu’aux établissements de santé en 2020.

Les services numériques territoriaux de coordination de parcours vont se développer jusque fin 2022, avec le programme « e-parcours », afin de renforcer l’articulation entre médecine de ville, hôpital, médico-social et besoins de soins de proximité.

Déploiement des plateformes numériques de santé à un niveau national

L’Espace numérique de santé devrait être amélioré de sorte que tous les citoyens et professionnels de santé puissent accéder à des services numériques de manière sécurisée. L’ensemble des données de santé de la population française sera quant à elles enregistrées anonymement et analysées à grande échelle au sein du Health Data Hub.

Stimuler l’innovation

La création d’un « Lab e-santé » d’ici mars 2020 sera l’occasion de faire émerger de nouveaux concepts et solutions en matière de santé numérique.

par Carole Ivaldi