(c) Géraldine Alibeu

#17 Vrai faux départ pour l’Argentine

Après une courte escale à Frankfurt, je m’apprêtais à remonter dans l’avion lorsque la douane me stoppa dans mon élan : mon passeport était périmé et mon voyage s’arrêtait là…

[épisode précédent : #16 La peur et ses remèdes]

Après un moment de sidération, je retrouvai mes esprits. Je tentai quelques négociations avec les douaniers mais sans succès : sans ma blouse blanche et mon stéthoscope, j’avais perdu toute confiance en moi et de là, toute crédibilité. Et il fallait me rendre à l’évidence, ce soir, je n’irais pas plus loin.

EP 17 1

Avec le décalage horaire, il fallait vite trouver un moyen de prévenir Ignacio, mon seul contact argentin, que je ne serais pas à bord de l’avion. Je réalisai de manière un peu abrupte, qu’en dehors de son mail, je n’avais aucune information le concernant. Pas plus d’adresse que de numéro de téléphone pour le joindre. J’ignorais tout de ses antécédents médicaux. Mon interrogatoire avait été bref et j’avais vite perdu mes réflexes de futur médecin menant l’enquête.

Je trouvai un ordinateur avec une connexion internet au milieu de l’aéroport et le prévins de la situation. Il me répondit sur le champ que c’était bien dommage, cette histoire d’avion raté car il devait se faire opérer et ne pourrait pas du coup venir me chercher à l’aéroport les jours suivants. L’urgence chirurgicale avait eu raison de lui et à part hijacker un avion en ordonant « To Buenos Aires ! »,  je ne voyais pas trop d’issue.

EP 17 2

Mais sans l’habit, étais-je encore vraiment médecin ?

Après quoi, la nuit tomba très vite. Il était trop tard pour trouver un hôtel où dormir et je me résignai à passer la nuit à l’aéroport. Cherchant vaguement un coin où me poser, je sillonnai l’aéroport qui fourmillait de visages peu rassurants. Je finis par m’assoupir sur mon sac à dos qui devint mon Fatboy.

EP 17 3

Au petit matin, mon bracelet avait disparu. Les cheveux en bataille, un peu sonnée par une nuit agitée, je me rendis à l’ambassade de France et obtins un passeport provisoire à l’heure où les Twins towers s’effondraient. Mon voyage commençait sous d’étranges auspices.

Le soir, je prenais le dernier avion pour Buenos Aires après quoi le ciel fut fermé. Ignorant tout des maux du monde, je rangeai mon ordonnancier au fond de mon sac. J’espérais que les crayons de couleur enfouis dans mes poches égayeraient mon voyage sud américain qui commençait enfin.

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